samedi 5 février 2005

Mon ornière circulaire

Merci à PaysandeParis dont le CIRCOLO m’a aidée à finir ce post.

Il y a quelques jours j’écrivais sur papier. C’est mon alternative quand je n’arrive plus à trouver les mots. Je ne sais pas, c’est plus facile de gribouiller, raturer, rayer sur une feuille que sur un écran. Peut-être.

Il y a ce truc au fond de moi. Il faudrait que j’arrive à le sortir. Ce truc qui me recroqueville, qui m’étouffe, qui me pompe tout mon énergie.

Cela fait maintenant dix-neuf jours que je suis à nouveau embourbée dans cette logique récurrente et destructrice. C’est long, parce qu’il faut rajouter les nuits. Si j’essaye de décrire le processus, je ne vois rien d’autre qu’un énorme cancer qui prend toute la place dans ma boîte crânienne et qui me grignote du sommet. Je m’auto-phagocyte. Je m’auto-annihile.

Je me réveille chaque matin épuisée de la nuit. Mon corps et mon esprit sont las de mon combat intérieur contre ces rêves peuplés de lui. Ma vigilance est en permanence sollicitée pour ne pas tomber dans les pièges des constructions de mon cerveau.

C’est comme un mécanisme. Il suffit qu’il se réenclenche, et je suis à nouveau prisonnière de sa trajectoire. Ce petit train électrique m’amène où il veut, peu importe la volonté et la résistance. Les portes du wagon de non-vie sont verrouillées. Je subis. Je sombre.

Je me sens traquée. Cette paranoïa est l’expression du sentiment d’insécurité qui m’habite, sans doute. Mais moi, où j’habite? Je me sens comme mise en quarantaine.
Je voudrais rentrer chez moi. Là où il habite lui aussi et où ses affaires sont mélangées aux miennes. Là où je me réveillais dans la chaleur de nos deux corps et me tournais pour me blottir contre lui. Là où mes dessous séchaient au milieu de ses caleçons. Où sa mousse de rasage à la menthe avait sa place sur le lavabo. Où mes petits mots traînaient dans son portefeuille. Où il accrochait des post-its partout.
Là où nous hurlions « everything is gonna burn ! » en forçant l’accent.
Là où nous partagions nos doutes, où je le rassurais sur ses capacités dans tous les domaines et où il mettait sa main chaude sur mon ventre douloureux. C’était là aussi que le conflit prenait toute la place. Mais je m’en fous. Je m’en fous. C’était ma maison. J’ai beau savoir qu’elle se prépare quelques sombres années aux côtés de ce type taciturne, je m’en fous. Je veux rentrer chez nous. Chez nous, où j’étais toujours celle qui attendait le retour de l’autre. Chez nous, où nous construisions ensemble.

Je ne sais pas ce qui étouffera ces ruminations mentales dans l’œuf et les fera taire à jamais. Les voir comme une ornière circulaire me fait penser qu’il faut que je le trouve ce volant, avant d’en donner un grand coup.

I long for my home (Lundi 31 Janvier, 23h53)

Posté par lagirouette à 17:11 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


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