vendredi 1 décembre 2006
SMS (out of the blue)
29 NOV 22:48 de lui
Très bon ton gâteau au chocolat. Il me fait penser à toi.

J'avais laissé une surprise dans le frigo avant de partir pour la gare...
SMS (lobotomie)
Oui parce que ce qu'on t'a pas dit (ou que t'avais oublié), c'est que plus ton coeur gonfle dans ta poitrine, et plus ton cerveau s'atrophie dans ta boîte cranienne.
Ce qui donne, après une longue conversation téléphonique:
27 NOV 23:40 de la girouette
Si tu m'aimes et que tu me sécurises je prendrai soin de toi mon amour. Mais tu le sais déjà. Bonne nuit. Je t'aime.
27 NOV 23:40 de lui
Moi aussi je t'aime et je vais faire en sorte que tu te sentes bien. Fais de beaux rêves.
... Oh ça va hein, je t'avais prévenu!
jeudi 30 novembre 2006
Victoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiire!!!
Après 20 jours de séquestration, j'ai libéré mon PC de ce gredin* de réparateur (*oh tiens, je crois bien jamais avoir utilisé ce mot de ma vie entière). Il marche (dediou!). J'ai réussi à rétablir la connexion SANS app€l€r le service t€chnique en trifouillant les entrailles de la bête (trop fière).
Bref, I'm back.
Et en plus demain, chteu ponds une nouvelle rubrique. Et même qu'elle s'appellera Friday, I'm in love. Comme la chanson des Cure. Ouaip.
Parce que d'abord Robert il dit I don't care if Monday's blue, Tuesday's grey and Wednesday too, Thursday I don't care about you, it's Friday I'm in love. Et qu'en plus, ça veut dire que je te parlerai de mes états d'amoureuse que le vendredi parce que sinon, tu vas péter un câble.
*caresse amoureusement son clavier*
*taquine son écran en le chatouillant de sa chevelure renversée*
*serre passionnément son unité centrale contre son coeur*
mercredi 8 novembre 2006
Oups
Il est dans l'encadrement de la porte, et il n'a pas l'air d'en bouger. Merde, j'arrive avec mon lait et mon thé et mon pain tout grignoté, et je vais avoir droit à son "bonsoir-j'te-regarde-même-pas-dans-les-yeux-je-suis-anti-social" habituel. Un de ces quatre je lui passerai devant sans même daigner lui répondre à cet énergumène. Vengeance. Oui parce que je l'aime pas, mon voisin du premier.
Déjà ça faisait même pas quinze jours qu'il avait emménagé qu'il sonne chez moi, et là, sur le pas de la porte, l'air complètement paniqué, il me dit: "Non mais ça fait vachement de bruit ce que vous faites là, c'est pas possible!". Et moi je suis tellement cruche que j'ai fait mes plus plates excuses pour ce dérangement oh pardon monsieur bienvenue parmi nous je ne recommencerai plus je le jure.
Sauf que ça fait deux ans que j'habite là, et que je fais ça, et que ça n'a jamais dérangé personne. Même pas la voisine d'en face. Même pas le voisin du dessous.
"Ça" c'est une petite bouffe à la maison.
Bon ok, j'avais invité mes super potes déliiire.
Bon ok on avait bu quelques bouteilles de vin rouge. Et puis on s'était déguisé, un p'tit peu.
Oui c'est vrai, on était dimanche. Et il était 23h30.
Et puis je soufflais un peu fort dans mon instrument. Et y'en a un qui avait piqué le soubassophone qu'on m'avait prêté et qui s'amusait beaucoup avec... Mais quoi, merde à la fin, si on peut plus rigoler!
Bref, moi je l'aime pas, mais ma super voisine de palier elle l'aime encore moins que moi. Elle fait que me raconter des trucs sur lui (j'adore, c'est une vraie commère -pas comme moi), eh ben je peux vous dire que c'est pas un triste celui-là. D'abord il fait rien que passer sa journée à la fenêtre, à regarder qui c'est qui passe dans la rue, qui c'est qui rentre dans l'immeuble, à quelle heure, avec qui... eh ben oui parce que monsieur ne travaille pas.
Oh ça va hein, je te vois avec tes yeux outrés de mec qui compatit. C'était simplement pour faire remarquer qu'il est venu me casser les bonbons un dimanche soir juste parce qu'il était dérangé pendant New York 911, et pas parce qu'il se levait aux aurores le matin... Non parce que c'est sa nénette qui bosse figure-toi. Et en plus, comme la fenêtre de ma cuisine donne pile poil sur la fenêtre de leur cuisine, eh ben je peux même te dire que c'est tout le temps elle qui fait la popote. Et puis attends, le meilleur reste à venir: il l'a mise en cloque! Oui oui oui je fais que dire du mal et cracher mon venin de vipère, mais c'est parce que je l'aime pas, mon voisin du premier.
Bon alors voilà, il est planté sur le palier de l'immeuble, et comme la porte n'est pas large, je vais être obligée de frotter mon sac de courses contre lui et après je devrai tout désinfecter (oh ça va! je rigole!).
Mais non. En fait il se pousse un peu et puis... oh mais qu'est-ce qu'il fait là? Il me parle?! Oui, tout à fait. Et même que, le regard tourné vers le haut des escaliers, il me dit:
- Attention, elle va débarquer comme une folle l'autre dingue.
Alors là, c'est moi qui suis outrée! Les yeux tout écarquillés, je reste clouée sur place, soufflant:
- Hein?
- Oui, elle arrive la chienne.
Je suis scotchée. L'enfoiré! Elle te loge, elle te nourrit, elle porte ton môme, et peut-être qu'elle te torche même, et c'est comme ça que tu la traites?! Toutes mes synapses cosmo-biba-glamouresques sont en ébullition, mais j'ai même pas le temps de lancer ma pique que j'entends la porte du premier claquer, et en un quart de seconde un truc tout noir et plein de poils me passe entre les jambes et se jette dehors.
Ah oui, c'est vrai. Ils ont un chien.
lundi 6 novembre 2006
Juste une mise au point
- Peu importe si je t'aime et à quel point je t'aime, je ne te laisserai jamais me traiter mal. Et si jamais ça arrivait, je me barrerai. Tu m'as bien comprise?
Il a dit que oui, qu'il avait bien compris (il a resserré son étreinte), et qu'il n'avait pas l'intention de me traiter mal. Qu'il ne le ferait jamais. J'ai souri intérieurement -jaune, mais je lui ai simplement dit que quelques fois on faisait ou disait des choses dont on ne mesurait pas les conséquences (il a posé un baiser sur mon front); et qu'on blessait sans le vouloir. Et que parfois même, au final, on s'en trouvait plutôt pas mécontent (je l'ai regardé droit dans les yeux).
Il faut que je créée une nouvelle catégorie pour cette histoire. Elle prend de plus en plus de place.
vendredi 20 octobre 2006
Hors contexte
...
Il a dit: "De toutes façons, il suffit que je pose mes mains sur toi pour que tu aies envie de faire l'amour..."
J'ai dit: "C'est vrai. Mais méfie-toi, ça ne durera peut-être pas toute la vie."
Il a dit: "J'espère bien que si."
...
mercredi 11 octobre 2006
Apprends à grandir...
Putain comme c'est dur.
Je me demande souvent si tout le monde en chie autant. Est-ce qu'un individu lambda ayant grandi dans les mêmes conditions qu'un individu alpha va appréhender la vie, ses détours, ses obstacles, ses chemins sinueux et ses lignes droites de la même façon? Non, là je parle pour ne rien dire bien sûr. Ne serait-ce que parce que si tu as lu Cyrulnik et que tu connais un minimum les interrogations qui l'ont amené à mettre en évidence le concept de résilience, tu sais bien que ta question est vaine et que tu enfonces des portes ouvertes.
Je voudrais savoir à quand remontent mes traumatismes et mes névroses. S'ils se sont tous installés dans l'enfance, où si ma relation avec il en a ajouté de nouveaux (ou alors, si elle a amplifiés ceux déjà installés).
Ce n'est pas de ça dont je parle avec mon psy. Je m'attèle à identifier mes émotions, à ne pas les confondre et à cesser de les refouler. Je tente de discerner qui parle ou qui réagit en moi: l'enfant, la femme ou la mère. J'ai le droit d'avoir peur. J'ai le droit d'être en colère. J'ai le droit de donner et surtout de recevoir de l'amour. J'ai le droit d'être triste. J'ai droit au bonheur.
Oui. J'ai repris une thérapie.
Mais cette fois-ci c'est dans Ma Ville, et avec un homme.
Bon.
Je parle, je parle, mais je n'en viens toujours pas aux faits.
Je n'arrive pas à l'appeler.
Ça ne va pas du tout. Une grosse tuile au boulot, et là, ça ne va pas du tout. Ça me prend la tête. Alors pas de répétition ce soir, je me sens d'une humeur de chien -prête à mordre.
Et demain: rien que l'idée d'y retourner me noue le ventre. De rage et de dégoût. Et vendredi, il faut aller au commissariat. J'ai envie de tout envoyer balader, mais je ne le ferai pas par respect pour celle (l'autre) qui se trouve au coeur de la tourmente...
Et je n'arrive pas à l'appeler. J'ai envie de pleurer au bout du fil, de lui dire tu me manques et je voudrais que tu sois là pour me prendre dans tes bras et me faire tout oublier. Je voudrais que la femme qui affronte et combat rétrécisse au creux de ton étreinte pour devenir la petite fille qui a besoin de pleurer et d'être rassurée et consolée et choyée et... aimée.
Je voudrais... mais je reste immobile, hagarde, fixant ce combiné dans ma main en me demandant par où je pourrai bien commencer si je compose le numéro et que je le colle à mon oreille. Je me sens incapable de raconter, incapable de me lamenter, incapable de solliciter son écoute. Et je m'interroge alors: pourquoi je ressens ça?, pourquoi j'hésite seulement?, pourquoi je suis là à me poser ces milliards de questions en fixant ce téléphone?, pourquoi je n'y arrive pas?...
Et là, il s'allume, vibre et sonne. Tout ça à la fois. C'est sa photo sur mon écran. C'est sa voix, ses mots, son rire. Ça me tue la technologie.
Jolie coïncidence.
Mais ça ne résoud pas mon problème.
samedi 7 octobre 2006
Summertime - Projet n°2 - Accompli
Give me a reason...
Je suis si fatiguée de jouer
Avec cet arc et cette flèche
Je vais offrir mon coeur
Et laisser ce terrain de jeux
Aux autres filles
Car j'ai été une tentatrice
Trop longtemps
Juste...
Donne-moi une raison
De t'aimer
Donne-moi une raison
D'être une femme
Je veux simplement être
Une femme
Parce que là, c'est le commencement
De pour toujours et à jamais
Il est temps de partir
Je suis si fatiguée de jouer
Avec cette arc et cette flèche
Je vais offrir mon coeur etc...
Portishead, Glory Box
vendredi 6 octobre 2006
La bête qui meurt
Quand on vit chaste, sans sexe, comment supporter les défaites, les compromis, les frustrations de l'existence? En gagnant plus d'argent, toujours plus? En faisant des enfants? Ça aide, mais c'est loin de valoir la Chose. Parce que la Chose a élu domicile dans ton être physique, dans la chair qui naît, la chair qui meurt. Parce que c'est seulement quand tu baises que tu prends ta revanche, ne serait-ce qu'un instant, sur tout ce que tu détestes et qui te tient en échec dans la vie. C'est là que tu es le plus purement vivant, le plus purement toi-même. Ce n'est pas le sexe qui corrompt l'homme, c'est tout le reste. Le sexe ne se borne pas à une friction, à un plaisir épidermique. C'est aussi une revanche sur la mort. Ne l'oublie pas, la mort. Ne l'oublie jamais. Non, le sexe n'a pas un pouvoir illimité, je connais très bien ses limites. Mais dis-moi, tu en connais, un pouvoir plus grand?
(...)
Les soirs où elle n'est pas avec moi, je me torture à me demander où elle est et ce qu'elle peut bien fabriquer. Mais même quand elle vient passer la soirée, une fois qu'elle est retournée chez elle, impossible de fermer l'oeil. Être avec elle est une expérience trop forte; je me redresse dans mon lit, et je crie, au coeur de la nuit: "Consuela Catsillo, fous-moi la paix!" Ça suffit, je me dis. Lève-toi, change les draps, reprends une douche, débarrasse-toi de son parfum, et puis débarasse-toi d'elle! Il le faut. Tu lui livres une bataille perdue d'avance. Où sont donc la plénitude, le sentiment de possession que tu devrais connaître? Puisque tu l'as, comment se fait-il que tu ne l'aies pas, cette fille? Tu ne l'as pas alors même qu'on te la donne. (...) Ça m'inquiète qu'elle se promène avec ce chemisier. Sous la veste, le chemisier. Et sous le chemisier, la perfection. Un jeune homme va la trouver, et il va l'emporter. Il va me la voler à moi, qui ai mis le feu à ses sens, qui lui ai donné sa stature, moi le catalyseur de son émancipation, moi qui l'ai préparée pour lui.



























