mercredi 11 octobre 2006

Apprends à grandir...

Putain comme c'est dur.
Je me demande souvent si tout le monde en chie autant. Est-ce qu'un individu lambda ayant grandi dans les mêmes conditions qu'un individu alpha va appréhender la vie, ses détours, ses obstacles, ses chemins sinueux et ses lignes droites de la même façon? Non, là je parle pour ne rien dire bien sûr. Ne serait-ce que parce que si tu as lu Cyrulnik et que tu connais un minimum les interrogations qui l'ont amené à mettre en évidence le concept de résilience, tu sais bien que ta question est vaine et que tu enfonces des portes ouvertes.

Je voudrais savoir à quand remontent mes traumatismes et mes névroses. S'ils se sont tous installés dans l'enfance, où si ma relation avec il en a ajouté de nouveaux (ou alors, si elle a amplifiés ceux déjà installés).

Ce n'est pas de ça dont je parle avec mon psy. Je m'attèle à identifier mes émotions, à ne pas les confondre et à cesser de les refouler. Je tente de discerner qui parle ou qui réagit en moi: l'enfant, la femme ou la mère. J'ai le droit d'avoir peur. J'ai le droit d'être en colère. J'ai le droit de donner et surtout de recevoir de l'amour. J'ai le droit d'être triste. J'ai droit au bonheur.
Oui. J'ai repris une thérapie.
Mais cette fois-ci c'est dans Ma Ville, et avec un homme.

Bon.
Je parle, je parle, mais je n'en viens toujours pas aux faits.

Je n'arrive pas à l'appeler.
Ça ne va pas du tout. Une grosse tuile au boulot, et là, ça ne va pas du tout. Ça me prend la tête. Alors pas de répétition ce soir, je me sens d'une humeur de chien -prête à mordre.
Et demain: rien que l'idée d'y retourner me noue le ventre. De rage et de dégoût. Et vendredi, il faut aller au commissariat. J'ai envie de tout envoyer balader, mais je ne le ferai pas par respect pour celle (l'autre) qui se trouve au coeur de la tourmente...
Et je n'arrive pas à l'appeler. J'ai envie de pleurer au bout du fil, de lui dire tu me manques et je voudrais que tu sois là pour me prendre dans tes bras et me faire tout oublier. Je voudrais que la femme qui affronte et combat rétrécisse au creux de ton étreinte pour devenir la petite fille qui a besoin de pleurer et d'être rassurée et consolée et choyée et... aimée.
Je voudrais... mais je reste immobile, hagarde, fixant ce combiné dans ma main en me demandant par où je pourrai bien commencer si je compose le numéro et que je le colle à mon oreille. Je me sens incapable de raconter, incapable de me lamenter, incapable de solliciter son écoute. Et je m'interroge alors: pourquoi je ressens ça?, pourquoi j'hésite seulement?, pourquoi je suis là à me poser ces milliards de questions en fixant ce téléphone?, pourquoi je n'y arrive pas?...
Et là, il s'allume, vibre et sonne. Tout ça à la fois. C'est sa photo sur mon écran. C'est sa voix, ses mots, son rire. Ça me tue la technologie.

Jolie coïncidence.
Mais ça ne résoud pas mon problème.

Posté par lagirouette à 19:58 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Apprends à grandir...

    Voilà que ce blog redevient gris
    T'es tellement plus belle quand tu souris, madame Girouette, le bonheur te va si bien !
    Fais ce putain de numéro ! Et si tu ne veux pas pleurer au téléphone, écoute-le te raconter sa journée et ça te fera du bien quand même.

    Posté par madamedekeravel, dimanche 15 octobre 2006 à 18:06 | | Répondre
  • -> mme2: t'en fais pas, il est plus fort que moi à ce jeu là... comprendre: il n'y rentre pas

    Posté par lagirouette, vendredi 20 octobre 2006 à 18:56 | | Répondre
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