jeudi 28 août 2003

Je ne suis pas aussi cynique que vous

Ce n'est pas que je ne peux pas. Je ne veux pas, c'est tout.

J'ai fait ce choix il y a un moment. Au début c'était un penchant naturel chez moi. Ca m'a valu quelques réprimandes familiales, des réflexions du genre "ma pauvre fille, on te ferait avaler une couleuvre!", "tu vas te faire avoir par le premier venu", "cesse d'être si crédule! mais tu es bête ma parole! je me demande comment tu fais pour avoir ces notes à  l'école"...
Alors la méfiance et le cynisme, je m'y suis frotée, j'ai pratiqué. Ca ne me convient pas du tout.

Finalement je trouve ça facile. Douter de tout, tout le temps. Juger les gens au premier coup d'oeil, ou à la première parole... ou au premier bobard.
C'est bien plus dur de partir du principe que tout est possible. Que chaque histoire vaut la peine d'être écoutée.
Je ne suis pas un ange non plus, bien sûr. Il m'arrive -un peu trop souvent, un peu trop rapidement à mon goût-, il m'arrive à moi aussi de cataloguer les gens: "trop con, neuneu, niais, intolérant, imbu de lui-même, tête à claque,...". Heureusement, mon intuition me trompe rarement.

Cependant, de manière générale j'essaie de comprendre la douleur d'autrui, sans m'apitoyer, juste compatir et fournir les premiers soins d'urgence: l'écoute. Tant pis si c'est un mensonge. Si ç'en est un de toutes façons je finis par le découvrir en général. Parce que je ne suis pas si naïve que ça, en fait. Le mot clef est vigilence. Il faut juste appliquer la bonne dose, sinon ça devient du scepticisme.
Ca vous donne envie de vous livrer vous, quelqu'un que vous sentez sceptique?

Et puis si finalement je suis totalement bernée... et puis, et ben quoi? Je passe pour une conne? Non.
Le con c'est celui qui se conforte dans sa tromperie, la culpabilité lui fait payer au lieu de mes foudres.
Il ne culpabilise pas et se rit de moi? A terme ça mènera à la rupture et je n'ai aucun regret, la sincérité est une valeur au combien plus louable que la mesquinerie à mes yeux, et à ceux de toute personne normalement constituée.

Ca vire un peu "forces du bien contre les forces du mal", comme dans les dessins animés dont on se régalait, enfant, à la télé le mercredi, n'est-ce pas? J'en ai bien conscience. Ca ne me dérange pas.

Je cultive ma naïveté. Je ne vais pas vous sortir les violons là, maintenant. Mais la vie ne m'ayant pas épargnée, et dès mon plus jeune âge, j'en ai tiré quelques enseignements et credos. On veut toujours plus et mieux, on se fixe des objectifs sans cesse renouvelés lorsqu'atteints. Mais le malheur ça vous fauche sans prévenir, et ça vous coupe tout, jusqu'à  la volonté de poursuivre.
Ca fait quelques années qu'elle me lâche un peu les basques, la vie. Un peu comme un répit. Et malgré tous mes projets (pas de progression sans projection, bien sûr), j'ai décidé de profiter de toutes les petites choses simples. Celles qui ne s'achètent pas. Celle qui ne se voient qu'avec les yeux de l'innocence.
Sans calcul, sans méchanceté, sans scepticisme, sans cynisme.

Je ne suis pas aussi cynique que vous, mes amis. Alors aussi, quand vous vous jouez de ma "naïveté", ça me fait un peu de peine. Parce que je vous imagine élaborant votre petite blague, riant. Riant de moi, ne nous voilons pas la face.
J'ai un petit problème d'égo par moments, et ça ressort dans ces moments-là. C'est bête. Je suppose que c'est aussi cette fameuse vigilence.

Mais je ne vous en tiens pas rigueur, parce que je vous aime. Et je sais que vous m'aimez.

Posté par lagirouette à 02:16 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Je ne suis pas aussi cynique que vous

    Je trouve cette page vraiment touchante lagirouette. C'était ta deuxième page. Malgré ça, j'espère que d'autres l'auront lue.

    Sinon, j'ai failli te demander un jour...
    Where is my mind ?
    Pixies ou Placebo ?
    Maintenant, je sais.

    Posté par Yojik, mercredi 18 janvier 2006 à 20:49 | | Répondre
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